11/05/2006
11/05/06
Une seizième année qui s'achève, une fin aux douces senteurs d'un bonheur si pur que l'on ne peut lui attribuer de mots ou bien d'adjectifs de taille pour le qualifier. Le hasard peut-être, bien que ce mot soit assez vulgaire je trouve. Une petite chose presqu'inconsciente que l'on trouve perdue, allongée dans un endroit insolite. À quoi bon trouver un raisonnement logique à tout cela ? La logique, ça me fait rire, il y a des choses bien plus fiables pourtant.
J'ai donc conjugué certaines choses de ma vie à l'imparfait, mais pas tous. C'est impossible grammaticalement. Ce qui nous paraissait bon il y a quelques mois garde désormais un goût amer, bien que sans cela les choses actuelles ne seraient pas forcément ainsi. Le poison que je crache à une personne que, pourtant, j'ai pu aimer au sens pur du terme, n'est destiné qu'à un vieux fantôme qui ne viendra désormais plus me hanter. Un fantôme, voilà. J'ai quand même le devoir de dire un "merci" à tout cela, c'est en quelque sorte le juste retour des choses, sans vouloir non plus me morfondre, ce que je ne souhaite absolument pas faire.
Il y a par ailleurs d'autres moments que l'on voudrait éternels, figés au présent de l'indicatif, mais ça aussi c'est incompatible. C'est d'ailleurs injuste ce temps qui défile et qui vous nargue avec ses secondes, ses jours, ses mois. Et une année perdue entre les autres passe, sans que l'on ne s'en apperçoive. On s'en veut de ne pas avoir pu profiter au plus, de ne pas avoir pu montrer à quel point on aime. Mais comment prouver quand les sentiments sont si forts qu'on ne peut les exprimer par des mots ? Tout passe. C'est terrible, cruel, dégueulasse -appellez-ça comme vous voulez, après tout. Le hasard a bien fait les choses, et si c'était à refaire je le referai sans aucune hésitation. Il faut voir le bon côté, comme on m'a appris : ne jamais retomber plus bas que l'on est en ce moment-là. Une personne croise votre route et vous fait apprendre plus sur vous que n'importe quel livre, psy, drogue ou autre putain de médicament. On est façonné et on se façonne par les gens, à travers nous-même.
Quelqu'un vous prend la main et marche avec vous pendant un bout de vie. Brise votre solitude, partage un moment, vous empêche de stagner dans un marais bien trop pourri pour pouvoir fleurir de nouveau.
Je repense à ces trois dernières années et ça m'énerve, j'ai perdu du temps. Cela dit, ça forge.
En conclusion... Non, je ne pourrai tirer de conclusion. Juste un rapide bilan, bien trop bref et esquissé, juste quelques bien maigres mots mais qui me viennent du coeur :
Merci d'être là, et j'espère pouvoir être présente pour vous comme vous l'êtes pour moi. Vous qui tenez sur les cinq doigts de ma main. Merci.
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